Confédération Paysanne du LOT

OVINS


Identification électronique

 

Figeac, le 19 juillet 2010

 

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

 

 

Identification électronique

 

 

 

A partir du 01/07/2010, les éleveurs ovins et caprins vont subir une nouvelle contrainte, et de taille : le bouclage électronique de nos élevages. Les animaux nés après le 1er juillet devront être « électronisés » au plus tard 7 jours après leur naissance (pourquoi 7 jours ?), et ceux nés avant cette date, et donc déjà bouclés, devront eux-aussi être « pucés » d’ici  trois ans. Ce qui veut dire qu’il va falloir attraper un par un nos animaux pour relever leur numéro, en transmettre la liste pour obtenir des boucles « pucées », recevoir les nouvelles boucles –et donc les payer- puis rattraper les Brebis et les Chèvres, couper les boucles anciennes et les jeter à la poubelle (alors qu’on les a payées) et reposer les nouvelles boucles, électroniques. Tout ça pour quoi ? Pour qui ?

 

      L’Administration prétend que ce sera un outil de gestion des crises sanitaires (mais pourquoi y aurait-il des crises sanitaires, nos élevages serait-ils mal conduits ?).

      Pour les abattoirs, qui pourront licencier un peu de personnel ?

      Pour les gros élevages, qui vont se faire subventionner un outil informatisé parce qu’ils ne peuvent plus gérer leurs troupeaux devenus trop gros ?

      Pour l’Etat, qui va pouvoir contrôler de façon plus efficace tout ce qui se passe dans nos fermes ? Peut-être va-t-on y installer des caméras de vidéo-surveillance !)

 

Donc, petit-à-petit, nos exploitations deviennent de plus en plus contrôlées et gérées par l’Administration nationale et/ou européenne. Les paysans ont de moins en moins le droit de décider ce qui est bon pour leurs terres et leurs animaux, et de plus en plus de contraintes (paperasses, contrôles divers) et aussi de moins en moins de revenus… Le sanitaire, en particulier, est devenu l’outil par lequel l’Etat impose aux éleveurs sa propre vision de l’Agriculture : une agriculture industrielle, destinée à faire gagner beaucoup d’argent aux industries de la viande, des médicaments, des pesticides et des semences sélectionnées (animales et végétales). Pour arriver à ses fins, cet Etat dispose d’une arme fatale : les primes versées aux producteurs. Ces aides, dues aux paysans pour compenser la politique de prix bas (à la production) servent en fait à asservir le monde paysan, tout en le restructurant. Il dispose ainsi d’un allié puissant : le syndicalisme majoritaire, et ses structures satellites, simple courroie de transmission.

 

Jusqu’à quand allons-nous accepter cette situation, toujours humiliante et désespérante ? Que va devenir ce métier de paysan, auquel nous sommes tant attachés, et qui est de plus en plus plébiscité par le consommateur ? Quel est le sens de ce harcèlement administratif qui nous étouffe chaque jour un peu plus ?

 

Cette histoire d’identification devrait être la puce qui fait déborder le vase déjà trop plein de l’amertume et de la révolte.

 

 

 

 

Confédération Paysanne du Lot


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