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Le
communiqué de la Confédération paysanne
Redistribution
des aides PAC : Tenir compte des revenus pour répartir plus justement
Va-t-on
appauvrir et faire disparaître les céréaliers des ¾ du territoire
français pour défendre les revenus élevés des régions les plus riches ?
Pour
illustration, revenu annuel moyen des producteurs céréaliers, entre
2003 et 2007,
par
agriculteur :
44
000 euros en Ile de France , 46 400 en Champagne-Ardenne
15
800 euros en Aquitaine, 15 400 en Midi-Pyrénées
Les
arbitrages sur les modalités françaises d'application du bilan de santé
de la PAC se poursuivent. Ce bilan de santé donne l'occasion de
renforcer les soutiens sur les 50 premiers hectares des exploitations,
et de les renforcer également dans les zones dites « intermédiaires ».
Ainsi, ces modalités peuvent permettre de conforter un peu les revenus
agricoles les plus faibles ; la France a l'opportunité d'introduire la
prise en compte de l'actif paysan et le plafonnement des aides pour
rendre l'agrandissement des fermes moins attractif.
Seulement,
les représentants des FRSEA et JA des grandes régions productrices de
céréales, n'entendent pas admettre ces opportunités de répartition. Ils
manifesteront demain à Paris pour conserver leurs acquis historiques.
514
millions d'euros issus du découplage du solde des aides SCOP (surfaces
en céréales et oléoprotéagineux) sont en jeu. Les céréaliers les plus
riches refusent l'orientation d'une partie des soutiens vers les
céréaliers des zones les moins favorisées ? Qu'en pensent les
céréaliers de ces zones ?
Il
est choquant que des agriculteurs ayant des revenus annuels moyens par
actif sur 5 ans de 44 300 ,comme en Ile-de-France ou de 46 400 , comme
en Champagne-Ardenne, fassent main basse sur des soutiens qui peuvent
être redistribués à des paysans qui, étant dans des régions moins
favorables ont des revenus très inférieurs, comme par exemple, les
producteurs céréaliers d'Aquitaine ou de Midi-Pyrénées dont le revenu
moyen est inférieur à 16 000 : « Résultat courant avant impôt par UTA
familiale », données par système et par région, source Agreste-RICA
France 2007)
Au
regard des différences de revenus entre les céréaliers des différentes
régions, il apparait impératif que l'enveloppe soit prioritairement
redistribuée vers les régions dites «intermédiaires », c'est-à-dire les
régions n'ayant pas les meilleures terres, ni les plus gros DPU, et
ayant simultanément des revenus sensiblement inférieurs aux régions
céréalières les plus riches . Si ce n'était pas le cas, les fermes de
ces régions « intermédiaires », en grandes cultures ou en
polyculture-élevage se retrouveraient avec des revenus insuffisants,
notablement décrochés de ceux de leurs collègues spécialisés des
régions les plus favorisées et ce, pour une durée aussi longue que
celle de ce système DPU.
Au-delà
du débat initial entre céréaliers et éleveurs, qui opposait les
associations spécialisées de la FNSEA, c'est maintenant un débat entre
régions céréalières. La direction de ce syndicat joue purement et
simplement avec l?avenir des agriculteurs de France et d'Europe car une
PAC honteusement injuste et inefficace à assurer un revenu décent au
plus grand nombre, est une PAC condamnée à échéance très rapprochée.
La
Confédération Paysanne, propose de redistribuer ces 514 millions
d?euros aux 50 premiers ha de toutes les fermes produisant des céréales
(systèmes d'élevage compris) dans les régions « intermédiaires » ce qui
permet de revaloriser leurs DPU de l'ordre de 60 à 80 €/ha. Notons que
dans des régions de fort potentiel de production, aux conditions
pédoclimatiques favorables, et où les DPU sont cependant en moyenne les
plus élevés, les plus forts revenus sont obtenus dans des exploitations
de surfaces élevées ; il existe une relative économie d?échelle entre
80 et 150 ha puis au-delà. Compte tenu de la nécessité de maintenir un
revenu sur les plus petites fermes de ces régions, il est possible
d'envisager une augmentation moindre des DPU sur les 50 premiers
hectares des zones riches.
Aujourd'hui
les revenus des systèmes de grandes cultures peuvent être très
partiellement rééquilibrés : Aujourd'hui se joue en France une part de
la légitimité de la PAC. |